SEGA utilise JIRA, Confluence et Fisheye

Publié le 09 mai 10 - Écrit par Félix Martineau

Sega Studios San Francisco, anciennement connu sous le nom de Secret Level, ont rencontré Atlassian dans le cadre du Game Developer Conference 2010. Nous vous présentons cet entretien fort intéressant qui révèle comment ce studio de développement de jeux vidéo utilisent les produits Atlassian pour être plus efficaces.

  • Industrie: Développement de jeux
  • Siège social: San Francisco, Californie
  • Fondée en: 1999
  • Produits Atlassian utilisés: JIRA, Confluence, FishEye

Fondée en 1999, Secret Level a livré America’s Army : Rise of a Soldier pour Xbox ainsi que Final Fight : Streetwise et Karoake Revolution. En 2006, à peu près en même temps que le E3, Sega a décidé d’acquérir Secret Level. Sega était notamment impressionnée par leur technologie et le début du projet Golden Axe Beast Rider. Après l’acquisition, le studio de développement a rapidement évolué sur 2 ans pour lancer Iron Man et Golden Axe pour la PlayStation 3 et la Xbox 360. Plus récemment, le studio a sorti Iron Man 2.

Atlassian a eu la chance de visiter le studio et de rencontrer Chris Sipe (Gestionnaire TI), Mike Thyau (Producteur) et Buzzy Spain (CTO)

Le développement de jeu

Vous développez pour quelles plateformes ?

Nous travaillons sur Xbox 360 et PlayStation 3. Nous avons essayé des petits trucs sur d’autres plateformes, mais ce sont les deux pour lesquelles développons la plupart de nos jeux. La plupart de notre code est en C++ et nous utilisons un peu de scripting pour certains morceaux du jeu. La plupart de nos outils et données sont en XML et C#. Nous n’avons pas de Python, ou Java ni PHP.

Vous utilisez quelles méthodologies pour supporter votre développement ?

Je pense que la métho qui s’en rapproche le plus est Scrum, mais c’est assez informel. Je ne peux pas dire que nous adhérons vraiment à une méthodologie en particulier.

Quelle est l’importance des outils de développement de logiciel pour les jeux ?

C’est vraiment au coeur de nos activités. Vous ne serez pas capable de développer un jeu sans des bons outils. Si vous avez des bons outils et quelqu’un change le design, vous pouvez changer vous aussi, sinon, vous êtes coincés. Vous ne serez pas capable de régénérer les données ou votre équipe de design ne sera pas capable de changer le design d’un niveau, ou des personnages, les animations, assez rapidement.

Comment évolue du développement logiciel dans l’industrie du jeu ?

Je pense que l’industrie du jeu, historiquement, c’était « quelques gars qui codent comme des malades ». L’industrie s’en vient de plus en plus standardisée en termes de ses processus avec des façons de faire qui viennent des industries web et du développement logiciel plus traditionnel. Il y a également un aspect du développement de jeux où vous travaillez avec des artistes au lieu d’utilisateurs et vous devez composer avec du contenu artistique en 3D et 2D qui est fort différent de ce qu’un utilisateur s’attend à retrouver dans un logiciel d’affaires. Donc, c’est sur qu’il y aura des compromis à faire, chose que l’on ne retrouve pas nécessairement quand on développe une application bancaire. Du point de vue des processus, on se rapproche lentement de ce style. Évidemment, il y a beaucoup de changements au niveau de la technologie, du matériel, ce qui nous permet de faire toutes sortes de choses extraordinaires visuellement.

Le projet Iron Man 2 a duré combien de temps ?

La pré-production a seulement duré 6 mois et la production a duré un an, ce qui est très rapide pour le développement d’un jeu vidéo. Les autres compagnies ont environ 4 ans d’habitude. C’est un des désavantages de faire un jeu qui doit sortir en même qu’un film, qui est une propriété de Marvel. Vous devez passer dans le cerceau quand ils vous disent de le faire. En fonction du temps que nous avons eu, je dirais que nous avons développé un jeu superbe.

Les outils Atlassian

Comment les outils Atlassian ce sont-ils retrouvés chez SEGA ?

Notre ancien président, Jerry Gordon, avait entendu parler de JIRA et des autres outils Atlassian. Nous cherchions le bon gestionnaire de bogues que nous allions utiliser pour un de nos anciens projets. J’avais utilisé JIRA un petit peu dans mon emploi précédent, en tant qu’utilisateur et j’avais monté des flux de travaux. On m’a demandé de comparer JIRA et DevTrack. Les deux outils étaient conçus pour répondre à notre besoin, et au final, je crois que ce n’a pas été le cout modique de JIRA, mais plutôt sa convivialité et sa simplicité. Le fait que c’est une application web nous permettait de voir les bogues sans avoir à démarrer une autre application. JIRA a rendu les choses beaucoup plus faciles et personnalisables.

Quels sont les outils Atlassian que vous utilisez présentement ?

Nous utilisons Confluence comme wiki d’entreprise, JIRA comme gestionnaire de bogues, gestionnaire de tâches et comme base de données pour les bogues. Le gestionnaire de bogues est utilisé de concert avec SEGA of America, notre compagnie mère et également avec SEGA of Europe. Nous utilisons JIRA comme bug tracker alors que d’autres départements l’utilisent comme outil de gestion de projets. J’aimerais personnellement l’utiliser pour gérer nos projets, mais nous n’avons pas encore exploré cette avenue.

Combien de personnes utilisent les outils Atlassian dans la compagnie ?

Tout le monde utilise Confluence. Le chef de l’équipe Gameplay adore les wikis et demande que tous les membres de son équipe blogue à tous les jours. Je ne sais pas si c’est comme ça que Confluence est supposé d’être utilisé, mais ça dépend du chef d’équipe et de le façon qu’il veut que les outils soient utilisés. En tant que l’administrateur TI je suis content qu’ils l’utilisent. FishEye est très pratique pour certaines personnes lorsqu’ils cherchent un bogue et qu’ils sont capables de le tracer avec la connexion à Perforce.

Vous avez combien de projets et de demandes dans JIRA ?

Lorsque nous avons commencé il y avait 3-4 projets, mais la compagnie était beaucoup plus grande avec plus de projets que ça. Présentement, nous l’utilisons pour un gros projet, Iron Man 2. J’aime bien la flexibilité et la facilité d’utilisations, c’est tellement facile de créer un nouveau projet. Les gens ne croyaient pas quand je leur disais « Je peux te créer un nouveau projet en 5 minutes, et tu vas être parti » C’est facile à installer, à ajouter des utilisateurs, etc…

Avez-vous modifié les outils Atlassian ?

Je pense que les plus grandes modifications ont été celles que j’ai faites au niveau des flux de travaux (JIRA). Ce n’est pas très compliqué à apprendre, je n’ai pas eu besoin d’apprendre JIRA, simplement de la configuration dans l’outil. Une application web facile à utiliser. J’aime également le fait que je peux y avoir accès de n’importe, plutôt que d’avoir à être toujours sur notre réseau interne.

Les outils sont utilisés de quelle façon dans le cycle de développement d’un jeu ?

Chaque équipe de développement a sa propre façon d’utiliser Confluence et JIRA pour suivre leurs tâches. Chaque équipe veut utiliser les produits différemment. Pour une équipe, c’est de voir son horaire, pour une autre, c’est de pouvoir consulter la liste des livrables qu’ils doivent produire. Une autre équipe va tout représenter dans les moindres détails : à chaque jours, chaque tâche est complétée dans JIRA et un autre groupe veut juste un calendrier. Bref, il y a vraiment un large éventail de cas d’utilisations pour Confluence et JIRA, JIRA étant la solution qui offre le plus de détails. Quand on rentre en mode production, JIRA devient les vaisseaux sanguins de notre suivi des bogues.

Nous utilisons Confluence pour entreposer nos idées de groupe et les étapes préliminaires pour construire les premiers blocs que nous devrons réaliser en pré-production. Par exemple, dans l’équipe de design, tout le monde a sa page Confluence et blogue sur ce qui se passe dans son département. Je me rappelle que nous utilisions un autre wiki avant Confluence, mais il nous causait toute sorte d’ennuis. La beauté de Confluence, c’est que lorsque tout le monde s’est mis à l’utilisé, c’est devenu la zone centrale qui permettait à tout le monde de voir ce qui se passait dans les équipes à haut niveau sur chaque projet.

Que diriez-vous aux autres studios qui songent à utiliser les outils Atlassian ?

Ils sont très faciles à utiliser et ils s’intègrent très bien entre eux. J’adore le fait de pouvoir me lever à tous les matins et de me dire « OK, quels bogues ont été créés au Japon, quels bogues ont été résolus en Europe ou dans l’autre bureau de notre équipe d’Assurance Qualité, quels sont les bogues qu’ils nous ont attribués »…le tout immédiatement.

Mots-clés : , , , ,

Votre commentaire

Votre courriel ne sera jamais partagé. Required fields are marked *